Copier n’est pas créer
1 août, 2017 par
Copier n’est pas créer
Emmanuelle Prot

COPIER

Petit exercice de parano, non, pas du tout. Simple constat, à une époque où les affaires sont dures, où les idées se répandent et se partagent vite, il paraît presque normal de s’inspirer, de reprendre les bonnes idées des autres. Les cabinets de consulting en font même un sport officiel affublé du joli mot de « benchmark », on établit un guide des « bonnes pratiques » et on en extrait celles que l’on va reprendre. Légal, à voir. Pitoyable, certainement. Éthique, pas vraiment.

Nous ne sommes pas là pour donner des leçons de savoir vivre ou de bonne conduite, nous avons tous nos démons à combattre. Mais nous défendons notre pré carré et avons le devoir, en cette profession bien particulière d’éditeur, de défendre notre fond, donc nos auteurs et avec eux leurs idées et originalités. Nos auteurs ont plein d’idées, nous aussi espérons-le, et nous ferons tout pour les défendre. Et, nous nous infligeons le devoir de rester créatifs en rejoignant à la rentrée le plus grand diffuseur national, Interforum.

La copie n’est pas la plus sincère des flatteries

Quand un concurrent reprend quelques astuces qui ont fonctionné chez nous, citons ça et là le recrutement d’ambassadrices, la manière d’animer Facebook, la publication d’une astuce quotidienne (nous c’est depuis 2006), la reprise presque scrupuleuse de la manière que nous avons de découper les textes (avec des pas à pas et divers encadrés comme les astuces, recommandations et autres ponts techniques, d’ailleurs en tant qu’anciens journalistes nous nous sommes inspirés de la presse sur ce point, bien plus avancée que l’édition pour mettre en scène des écrits), nous pourrions être flattés si ce n’était pas le fait d’éditeurs à l’esprit visiblement peu inventif. Nous les plaindrions presque de leur manque d’idées, ils se reconnaîtront, et nous les connaissons et surveillons de près. Un copieur n’est pas innocent et se révèle plus vite qu’il ne le pense. Heureusement notre profession a dans ses rangs de grands professionnels, ne serait-ce que le plus grand d’entre eux, qui donnent le la d’une belle symphonie créative.

Nous attaquerons tous les copieurs de patrons !

Que dire aussi d’amateurs qui s’inspirent du contenu des livres de nos auteurs, c’est un vol qui peut glisser au pénal d’ailleurs. Ne doit-on pas lutter aussi contre celles qui scannent les patrons de couture (soit dit en passant un délit lourdement répréhensible) et les offre à toute une communauté en PDF sur des forums privés. Qu’elles sachent que le premier lésé est l’auteur qui vendra moins de livres et touchera moins de droits. Qu’elles se rassurent nous avons trouvé moyen de leur rendre la vie bien plus difficile, vous verrez…

Copier n’est donc pas jouer.

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Copier n’est pas créer
Emmanuelle Prot
1 août, 2017
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